Pourquoi le véganisme ne sauvera pas la planète

véganisme et environnement

On nous le dit, on nous le répète: pour sauver la planète, il nous faut réduire notre consommation de viandes et de produits laitiers, et privilégier les céréales et les aliments secs bourrés de bonnes choses pour notre santé.

Certes, c’est un fait. L’élevage de bétail est responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Contre la surpêche, qui vide les océans de ses poissons et met à mal des écosystèmes fragiles, on a longtemps prôné l’aquaculture, qui c’est, elle aussi, avérée être une fausse bonne idée tant elle pollue et nécessite la pêche d’encore plus de poissons sauvages pour nourrir les poissons d’élevages.

Réduire sa consommation de viande et de poissons, donc, apparaît comme la solution ultime pour préserver les ressources de notre planète et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sauf que.

Végans et végétariens: de la surconsommation à l’impact environnemental de quatre aliments phares

A trop chercher une solution qui soit à la fois positive pour l’environnement et suffisamment facile à mettre en place pour toucher un plus grand nombre de personnes, on en oublie la vraie cause du problème: la surconsommation. Car le problème n’est pas tant ce que l’on consomme que la façon dont nous le consommons. Et c’est bien pour cela que le simple fait de devenir végétarien ou végan n’est pas, en soi, la solution. Cela ne fait que déplacer le problème d’un aliment à un autre. La preuve par quatre:

1. Les avocats

Riche en acide gras et en vitamine E, bourré de minéraux, crémeux et facile à marier: l’avocat a la côte sur les réseaux sociaux et dans les restaurants, au point où certains ne proposent d’ailleurs au menu que des recettes à base d’avocat. Il fait le bonheur de tous et surtout des végans, qui y trouvent une bonne source nutritionnelle.

Mais avec une telle popularité, les taux de production d’avocats en Amérique latine et en Afrique du Sud ont explosé, au point où ce fruit à la couleur verte flashy est aujourd’hui devenu nuisible pour l’environnement.

La production d’un hectare d’avocats nécessite 100.000 litres d’eau par jour. Cela représente 1.000 litres d’eau pour un kilo d’avocats. En comparaison, un kilo de tomates juteuses ne nécessite que 180 litres d’eau.

Un problème d’autant plus grave que les avocats sont majoritairement produits dans des pays qui souffrent de sécheresses importantes, et dans lesquels des millions d’habitants n’ont plus accès à l’eau pour leurs besoins quotidiens, une grande partie étant utilisée pour les plantations.

De plus, la production d’avocats à entrainé une hausse de la déforestation dans les pays d’Amérique latine et particulièrement au Mexique, premier producteur mondial. Des hectares d’arbres sont coupés ou incendiés afin de pouvoir y planter des avocatiers, parfois par des producteurs travaillant illégalement.

avocat et impact environnemental

2. Le quinoa

Antioxydant, source de fibres, de vitamines et de minéraux, le quinoa est, lui aussi, une star des réseaux sociaux. On le trouve partout, des supermarchés aux restaurants branchés. Mais le quinoa, dont la popularité a explosé en 2013 et 2014, connait lui aussi un impact écologique important. Et pour cause: ce “super aliment” est à la base l’aliment du pauvre des péruviens et boliviens. Sa popularité soudaine en Europe et en Amérique du Nord a entraîné une hausse rapide de sa production, les surfaces cultivées doublant de taille et nécessitant l’utilisation de nombreux pesticides pour assurer les productions.

Cette popularité soudaine a ainsi entrainé une hausse des prix, la tonne de quinoa valant dès lors de 2500 à 9000 euros, alors qu’une tonne de blé en Europe s’échangait à l’époque autour de 150 euros. Cet aliment de base des peuples des Andes est devenu inaccessible pour les populations locales, un paquet de quinoa coûtant cinq fois plus cher qu’un paquet de riz.

Mais après un pic de popularité intense en 2013 et 2014, les prix de vente du quinoa n’ont cessé de baisser pour les producteurs, certains se voyant contraints de vendre à perte à des intermédiaires qui, eux, n’ont pas nécessairement baisser leurs prix de revente.

La bonne nouvelle, c’est que des alternatives au quinoa venu des Andes apparaissent un peu partout, et notamment en France, où acheter du quinoa d’Anjou est désormais possible.

3. Le chanvre

Le chanvre est le nouveau super aliment à la mode. Vendu en huile ou en poudre, le chanvre est riche en protéines, en fibres, en minéraux, vitamines et oligo-éléments, mais surtout en acides gras (oméga 3 et 6). Un cocktail  nutritionnel qui en fait le nouveau chouchou des réseaux sociaux.

Le chanvre est également de plus en plus utilisé pour la fabrication de vêtements, comme alternative plus écologique au coton, le chanvre ne nécessitant pas autant d’eau pour sa production.

Mais comme pour les avocats et le quinoa, le problème de la surconsommation et de la surproduction le guette déjà.

soja et environnement

4. Le cas du soja

Le soja est très souvent associé à l’idée d’un régime végétarien comme substitut de viande (bien qu’aucun “substitut” de viande ne soit nécessaire dans notre alimentation). Le soja se trouve partout, y compris sous forme d’additif alimentaire appelé lécithine (E322). Certains lui confèrent des vertus nutritionnelles exceptionnelles, tandis que d’autres ne voient que les perturbateurs endocriniens présents dans le soja et qui favoriseraient peut-être le développement de certains cancers.

Mais le soja pose surtout un problème environnemental: deux tiers de sa production mondiale est génétiquement modifiée. Ce même soja est également bourré de pesticides, et la cause de déforestation intensive, particulièrement de la forêt amazonienne.

Seulement voilà, ce soja génétiquement modifié et bourré de pesticides qui détruit les forêts, c’est le soja qui est utilisé pour nourrir… les animaux d’élevages. La France est notamment le cinquième importateur de ce type de soja en Europe. Voilà une bonne raison de plus de réduire sa consommation de viande!

habitudes de consommation

Face à la surconsommation, changeons nos habitudes de vie

Sauver la planète ne passera pas par un nouvel aliment miracle, ou du moins cela ne se fera pas tant que nous continuerons de surconsommer et surproduire en permanence. Pour une agriculture durable et respectueuse de notre planète, il est nécessaire d’apprendre ou de réapprendre à consommer plus simplement.

Favoriser les produits issus d’une agriculture biologique, sans emballages non biodégradables, provenant de producteurs locaux et, dans la mesure du possible,  s’approvisionner en privilégiant les circuits de distribution courts sont autant de solutions viables et durables que nous pouvons mettre en place, dès à présent.

Acheter plus de produits frais et locaux, c’est également encourager à cuisiner soi-même et apprendre à moins gaspiller. Boire l’eau du robinet plutôt que de l’acheter en bouteille, c’est non seulement faire des économies d’argent (l’eau en bouteille coûte en moyenne 2,000 fois plus cher que l’eau du robinet!) mais c’est aussi et surtout réduire ses déchets en plastique et la pollution des océans.

Bref, le véganisme à lui seul ne suffira pas à sauver la planète. Changer en profondeur nos habitudes de consommation, par contre, peut faire toute la différence.

 

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